ET PIECES OFFICIELLES.
4ï5
logea à l’auberge; mais il manqua de prévenir , selon l’usage , lamunicipalité du lieu de leur passage et de leur logement ; ce quioccasiona dans la ville une forte rumeur , qui s’étendit mêmedans les villages voisins , et fut entretenue par l’arrivée du déta-chement deroyal-dragons , le 21 au matin.
» L’inquiétude causée par la conduite du commandant du déta-chement de hussards , fit surveiller celui-ci ; dans le premier mo-ment, le peuple avait voulu désarmer les dragons , et il ne lesperdit pas de vue un seul instant depuis leur arrivée.
» Cependant le roi était parti de Paris le 20 à minuit. Sa voi-ture avait eu, avant Châlons , un accident qui retarda d’une heureson arrivée à Pont-de-Sommevelle , où, selonles calculs , il devaitêtre à trois ou quatre heures de l’après-midi. MM. de Choiseul etde Goguelat devaient y attendre le roi, avec le détachement dehussards , toute la journée du 21 , puisque l’ordre remis au com-mandant du même détachement portait que le convoi passeraitdans cette journée.
» Cependant (1), ayant attendu jusqu’à cinq heures, et nevoyant arriver ni le roi, ni ses courriers , ils quittèrent le poste dela plus grande importance , d’où ils devaient donner l’impulsion àtous ceux en arrière , et ils levèrent le détachement sans laisser quique ce soit derrière eux.
» Il faut croire que les deux officiers eurent , pour se conduireainsi, de fortes raisons que l’on ignore encore. Il paraît que ce quiles y décida principalement , fut un mouvement d’inquiétude quise manifesta dans les campagnes , et dont ils craignirent sans douteles effets pour le roi et sa famille. Ils se retirèrent donc à cinqheures du soir , et Leurs Majestés y arrivant une heure après , netrouvèrent ni le détachement, ni les deux personnes désignées etconvenues qui devaient prendre leurs ordres , leur servir de cour-riers , porter les instructions, et donner le signal aux troupes dis-tribuées sur la route. Cependant elles continuèrent leur routevers Sainte-Menehould sans accident , tandis que le détachementse repliait sur Varennes , et que , par une fatalité qui semble at-tachée au sort de ce prince , le commandant du détachement , au
(1) Rapportée M. Boudet.