416 ÉCLÀIRCISSEMENS HISTORIQUES
lieu de suivre le grand chemin où il aurait été rejoint par le roi ÿcraignant de reparaître à Sainte-Menehould , où il avait été malreçu la veille , prenait le chemin de traverse qu’il connaissait àpeine, par lequel il s’égara , ainsi que les deux personnes chargéesdes ordres du roi, qui n’arrivèrent , avec cette troupe à Va rennes,qu’une heure après l’arrestation de Leurs Majestés.
» Le roi arriva seul et sans courrier à Sainte-Menehould ; il re-laya à la poste. Lorsque l’officier commandant le détachement dedragons (1) , croyant reconnaître les voitures , voulut faire montersa troupe à cheval pour remplir l’objet dont il était instruit, iltrouva l’opposition la plus décidée de la part du peuple , et les écu-ries occupées et gardées par les gardes nationales. Cependant, leroi ne voyant encore à Sainte-Menehould aucune des dispositionssur lesquelles il avait compté , par un mouvement d’inquiétude ,mit la tête à la portière, fit plusieurs questions au sujet de la route,et fut reconnu par le postillon qui courut en avertir le maître deposte. La marche du roi n’en fut point arrêtée : il s’avança versClermont , tandis que le scélérat maître de poste de Sainte-Mene-hould dépêchait son fils à Varennes pour y avertir de la prochainearrivée de Leurs Majestés, et tout préparer pour les y faire arrêter.Le roi changea encore de chevaux tranquillement à Clermont, et yprit la route de Varennes. M. de Damas, commandant les dragonsde Royal et de Monsieur, réunis, attendait à tout moment les cour-riers dont on était convenu (2); — et ne pouvant faire des dispo-sitions à l’avance, à cause de l’extrême inquiétude des habitans surla présence de sa troupe, il tenait seulement un détachement prêt,sous le prétexte de l’escorte du trésor. Le garde-du-corps qui pré-cédait la voiture du roi arriva, et lui annonça l’approche de LeursMajestés. Peu de minutes après, les voitures entrèrent dans la ville,
(1) Sur un avis qu’il crut trop légèrement, mais qui venait de per-sonnes qui méritaient toute confiance, il avait fait desseller les chevauxde son détachement, et désarmer les dragons, malgré l’ordre de les le -nir toute la journée prêts à monter à cheval. Cet officier était dans lesecret.
(2) Ceci est écrit par M. le comte Charles de Damas lui-même , de-puis sa sortie de prison.