426 ÉCLAIRCISSEMENS HISTORIQUES
frontière: ce qui fut adopté. Il est vrai que pendant l'hiver et leprintemps on m’ôta mes meilleurs régimens , tels que les cara-biniers, Vigier suisse , royal-liégeois , Barwick ; qu’on en éloignad’autres , tels que le régiment de Saxe hussard , royal-normandiecavalerie, que je comptais employer à protéger le départ duroi; ce quimecontraignit d’en employer d’autres moinsbons. Il estvrai encore que l’empereur , qui avait promis de faire marcher destroupes, ne donna aucun ordre, e{ qu’il n’y a jamais eu dans’lepays de Luxembourg et dans cette place, plus de trois ou quatremille hommes, la plupart recrues ou invalides. Je proposai au roide sortir par la Flandre autrichienne, ce qui était plus court etplus facile , et de venir à Montmédy par les Ardennes ; il s’y re-fusa. Je proposai la route de Reims par Stenay à Montmédy ,comme la plus courte , la plus facile et la plus aisée à couvrir. Onm’objecta la crainte que la famille royale ne fût reconnue à Reims ,lin fin , j indiquai celle de Châîons et de Vavennes, quoique su-jette à des inconvéniens, parce qu’il fallait passer par plusieursvilles , et parce qu’il n’y avait pas de poste établie dans cette der-nière. Je proposai de ne pas placer des détachemens pour protégerla marche du roi, en craignant les inconvéniens. On meditqu’onen voulait ; je n’insistai pas.
» Le lieu où le roi devait arrive! , Montmédy , et la rouie qu’ildevait suivre par Varennes , convenus , je proposai au roi de lafaire reconnaître par M. de Goguelat, officier de l’état-major , queje savais luiêtre particulièrement attaché et d’employer M. le ducde Choiseul , qui avait son régiment à portée, pour faire préparerles relais nécessaires. Le roi y consentit , et il me permit de lesmettre dans la confidence. Les reconnaissances faites , ainsi queles dispositions projetées pour l’emplacement des troupes, et pourleur rassemblement à Montmédy, j’envoyai M. de Choiseul à Paris pour les communiquer au roi, et pour prendre ses ordres. M. deChoiseul revint, et m’apporta l’approbation de Leurs Majestés. J'en-voyai encore M. de Goguelat auprès d’elles pour leur donner uneexplication plus détaillée de sa reconnaissance , et des dispositionsque j’avais faites pour assurer sa marche. Il revint peu de joursavant le départ du roi, qui avait été fixé au 19 juin , et il me joignità Montmédy peu de jours avant leur départ.
» J’avais remis à Metz , à M. de Choiseul, les ordres du roi pour