ET riÈCES OFFICIELLES. 425
avais donnes, par leur imprudence et par leur peu de prévoyance,mais dont les intentions étaient pures , et la bonne volonté bienconnue. Cependant, depuis que je sais qu’on a cherché à me don-ner des torts , à me calomnier, et à me rendre responsable du non-succès de cette entreprise, je crois devoir, quoiqu’à regret, éclai-rer les personnes pour lesquelles j'ai dû faire tous ces sacrifices,pour lesquelles j’ai tout sacrifié, tout osé, pour lesquelles enfinj’ai fait tout ce qu’un homme peut faire , dans la seule vue deremplir mes devoirs et de mériter leur estime , que je préfère àleurs bienfaits , auxquels je renonce pour jamais.
» Le roi sait que, dès le commencement de la révolution , jevoulais quitter la France , et servir des puissances étrangères quim’ofifraientdu service. Il eut la bonté, vers le mois de février de l’an-née 1790, de m’en gager à rester à son service et à prêter mon serment,m’assurant que jepouvais lui être utile. J’exécutai ses ordres , et j’eusl’honneur de lui écrire que je lui faisais le plus grand sacrificequ’un homme pût faire, celui de mes principes et de mes opinionsdans la seule vue de lui prouver mon zèle. Au mois de juillet delamêmeannée, toutes les troupes que je commandais etque j’avaisjusqu’alors conservées dans l’ordre et dans la discipline, ayantsuivi l’exemple du reste de l’armée , et s’elant livrées à tous lesexcès du désordre et de la révolte ( au point que je fus mis en joueà Metz par des soldats du régiment de Salm-Salm , et livré à leurfureur pendant plus de deux heures ), je jugeai que je ne pouvaisplus rendre aucun service au roi ni à la chose publique ; je de-mandai mon congé qui me fut accordé. J’allais partir et servir enRussie , où je désirais trouver des occasions d’acquérir de la gloire,quand l’insurrection de Nancy survint, et quand le fils du ministredelà guerre , M. de Gouverne! , arriva à Metz , et m’engagea àfaire exécuter les ordres du roi et le décret de l’Assemblée contrela garnison et le peuple de Nancy révoltés. Quelque délicate quefût cette commission , je suspendis encore une fois mon départ deFrance , dans l’espoir de servir le roi et ma malheureuse patrie.Après cet événement, qui réussit mieux que je ne pouvais le pré-sumer , il fut question du départ du roi ; et Leurs Majestés saventtout ce qui s’est passé jusqu’au moment où ce projet fut exécuté.Je proposai un rassemblement des meilleurs régimens campés àMontmédv , et un mouvement de troupes autrichiennes sur la