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Mémoires du Marquis de Bouillé : avec une notice sur sa vie, des notes et des éclaircissemens historiques / par MM. Berville et Barrière
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ET PIÈCES OFFICIELLES.

45 I

» Je demande si on peutinimputerdaucune manière davoir étécause de ce malheureux événement : sil a dépendu de moi de re-médier à tous les torts quont eus les personnes employées à lexé-cution de ce projet, dont aucune , on peut le dire , excepté M. deDamas qui est venu de sa personne à Varennes, sa troupe ayantrefusé de le suivre, na exécuté mes ordres. Jignore pourquoiM. deGoguelalelM. de Choiseul, porteurs des ordres du roi, char-gés de lexécution des miens et de toutes les dispositions , nontpas attendu le roi à Pont-de-Sommevelle ; pourquoi , ayant quittéle poste d dépendait le succès , ils nont pas suivi , ou lun desdeux au moins , la grande route que devait prendre le roi ; pour-quoi ils nont pas laissé un détachement à la croisière du chemin ;pourquoi, arrivés à Varennes peu de temps après Sa Majesté , auheu de pérorer la municipalité etla garde nationale, et de deman-der aux hussards sils étaient pour le roi ou pour la nation , ilsnont pas dissipé ce peuple qui était alors en petit nombre ; pour-quoi ils ne mont pas fait avertir sur-le-champ, devant calculerquil fallait au moins trois heures à un courrier pour faire les neufgrandes lieues de Varennes à Stenay , une demi-heure pour pré-parer le régiment de royal-allemand et sortir de Stenay , et quatreheures et demie ou cinq heures pour le conduire à Varennes ; cequi employait huit heures et demie. Si on eût fait partir quel-qu un pour mavertir dès onze heures et demie , jarrivais à septheures et demie ou huit heures , et je pouvais sauver le roi. Pour-quoi encore ne pas prendre les mesures qui avaient été ordonnéespour arrêter à Sainte-Menehould les courriers de Paris et laide-de-eamp de M. de La Fayette , qui ont décidé le départ du roi deVarennes ; pourquoi, sils nont pu le délivrer , nont-ils pas pristous les moyens pour lempêcher de partir , et il y en avait mille.Je dis toutes ces choses à regret, et uniquement parce quon maassuré quils avaient rejeté sur moi les événemens de cette jour-née , et que pour s excuser ils avaient dit au roi que jarriveraispour le sauver. Mais il fallait donc que je fusse averti à temps ; ilfallait que jeusse avec moi des forces suffisantes pour forcer tousles obstacles : pouvais-je laisser le régiment de royal-allemanddans Stenay , oh il pouvait être enfermé par les gardes nationaleset le peuple, comme les dragons lont été à Sainte-Menehould età Clermont ? Ne devais-je pas massurer de ce régiment, sans le-