434 ECLAIRCISSEMENS HISTORIQUES.
troupes étrangères à la solde du roi, en réduisant dans ce momentl’infanterie française au plus petit nombre possible; enfin de réu-nir tous les moyens et toutes les précautions imaginables pour re-créer une armée et pour l’attacher au roi.
» Les causes de l’aliénation de l’armée et de son dévouement àla nation , sont l’opinion des soldats sur la nullité du roi et sur lapuissance de l'Assemblée , qui a augmenté leur paie, détruit ladiscipline et autorisé la licence; l’espoir fondé des bas-officiers deremplir les places des officiers, et enfin cet esprit d’égalité qui s’estrépandu parmi les troupes comme parmi le peuple , et qui est leplus ferme appui de la nouvelle constitution.
» Mais cette armée, désorganisée et sans discipline , est dans cemoment aussi peu redoutable que les gardes nationales , et elle nepeut pas xésister plus que celles-ci à des armées disciplinées etbien conduites.»
Etat des frontières.
« Elles sont bien approvisionnées en subsistances de tout genre ,qui serviront aux armées étrangères qui entreront en France ,comme à celles de la nation. Les places de guerre sont , en géné-ral , dans le plus mauvais état ; et pour mettre en défense la fron-tière depuis Huningue jusqu’à Givet , il faut dix à douze millions ,et au moins six mois de temps. Cependant elles sont très-bienfournies en artillerie et en munitions de guerre. Il n’y a pas suffi-samment d’artillerie de campagne ,«et je doute que, de cette année,on puisse réunir plus de cent vingt à cent cinquante pièces de ba-taille pour les deux armées du Rhin et de la Moselle . L’argent estrare ; cependant l’Assemblée se réserve à sa disposition une cen-taine demillions en espèces pour les circonstances critiques. »Moyens de soumettre la France .k On ne le peut que par des armées étrangères et par une coa-lition des grands souverains de l'Europe , uniquement et franche-ment dirigée contre la révolution , sans aucune vue d’inLérêt, etsans aucune ambition que celle du salut de l’Europe , menacéepar la révolution française. Une attaque partielle augmenterait lemal , sans porter aucun remède. Il faudrait que la France fût en-vironnée d’armées, depuis Bayonne jusqu'à Dunkerque , dont lesunes agiraient et les autres menaceraient et contiendraient. Il fau-