— 30 —
chef de Marie de Bourgogne , sa défunte femme. Maisce qui mérite le plus d’être noté en ce rencontre, c’estque Jehan V de Châlons -Orange vit tout cela sans(lire un seul mot, ni réclamer sa directe sur Neuchâ-tel , bien qu’il fût en grande faveur près de l’empe-reur. Un tel silence était bien propre à confirmer lecomte Philippe et ses successeurs dans l’opinion quela dite directe de Châlons était tombée en désuétudeet parfaite caducité, voire entièrement anéantie partotal abandon et singulièrement par défaut de protec-tion, ainsi qu’on l’avait vu naguères notoirement,lorsque Charles le Hardi étant venu fondre sur cepays, pour ensuite envahir la Suisse , avait été re-poussé aux gorges de St. Sulpice, au commencementde 1476? fameuse occurrence en laquelle la maison deChâlons , loin de prêter aide et protection, d’une ma-nière ou d’une autre, ne fit pas seulement mine depenser à Neuchâtel ; article qui amenait toutefois laclause pénale de dissolution de relevance par l’acte de1357. Certain est-il que, depuis cette époque, noscomtes n’ont, de leur côté aussi, plus fait mine seule-ment de se souvenir de la ci-devant supérieure sei-gneurie de Châlons , et qu’à dater du règne du bon etsage comte Rodolphe, père de Philippe, ils n’ontcessé dans tous les traités de pactiser jusqu’à présenten vrais souverains.
Le comte Philippe, qui était grand chambellan deFrance , gouverneur de la Provence, et fort en faveurà la cour, étant allé en son gouvernement pour af-faires, y mourut le 19 Août i 5 o 3 . Il ne laissa deMarie de Savoie sa femme, fille d’Yolande de France ,