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Tome premier.
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gneurs Français , ainsi que j’ai pris la liberté de ledire et représenter à feu leurs altesses sérénissimes.

Bien est-il vrai que les spoliations et dégâts qu’onremarque au trésor des archives de la seigneuriepour les choses antérieures à la rentrée de Jehanne,peuvent et doivent être attribués en majeure part auxbaillifs durant la tenue des cantons. Le chanoineJaques Baillodz qui vivait alors, assure quelesditsbail-lifs étaient si ignares, du moins plusieurs, qu’ils fai-saient prendre des papiers et parchemins par brasséesaux archives, pour servir au ménage (*).

11 faut pardonner une longue parenthèse qui semblehors de matière, à la juste fâcherie d’un ancien chan-celier qui a vu le vide et senti le mal, ayant eu lecuisant chagrin d’être arrêté à chaque pas dans sontravail par des spoliations et rapines, mal et mécham-ment faites, et qui sont cause aussi que des anciensdroits tant féodaux que domaniaux ne peuvent pluss’établir clairement; étant fermement persuadé quesans les susdites spoliations, cet état aurait de beauxet bons titres pour réclamer en temps et lieu propices,tout plein de choses que par négligence ou par forceon a laissé aller en d’autres mains, soit au regard des

(*) Si le chancelier George de Montmoîin avait vécu en 1707, il au-rait vu les archives de la seigneurie livrées en quelque sorte au pillage,pendant les 40 jours qu’elles furent ouvertes aux divers prétendans, età leur nombreux cortège, à l’ambassadeur de France , aux ministresd’Angleterre et de Hollande, aux députés de Berne , etc. On sait assezque malgré l’ordre donné au procureur-général et au chancelier de nelaisser emporter hors des archives aucun titre de quelque nature qu’ilfût, on en distraisit un grand nombre, entr’autres le répertoire raisonnéque l’habile chancelier auteur de cet écrit avait pris la peine de compi-ler autrefois. Note d’un conseiller d’état en 1716.