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en matière diplomatique? Puis au même temps on voitdans les dits actes et traités, que nos comtes, tels parexemple que Léonor d’Orléans et Henri II , s’intitu-laient, l’un souverain comte de Neuchâtel , l’autrepar la grâce de Dieu, souverain prince de Neuchâtel :énorme contradiction, ou bien plutôt absurde bévuede chancellerie continuée jusqu’à nos jours, par l’im-péritie des préposés qui ont rédigé les uns après lesautres, comme vraies machines, les actes nouveauxsur les précédens textes, sans apercevoir ce contre-sens, toutefois assez visible : personne jusqu’à présentn’y avait fait attention; je puis bien le dire, puisquetout le conseil sait que j’en ai fait et fourni l’observa-tion par écrit pour servir en temps et lieu. Il ne fauts’étonner beaucoup d’une pareille bévue; j’en connaisdiverses et vraiment capitales qui se sont commises demon temps en des états considérables, et en réputa-tion d’être bien gouvernés; pour un serviteur assiduet soigneux, il y en a dix qui sont négligens et pares-seux, faisant faire sans même y regarder, au lieu detravailler en personne. Si le vulgaire savait commentsont conduites à l’ordinaire les affaires des princes, ilverrait que celles des particuliers le sont bien mieux.
Reprenons la chaîne des événemens au regard de lanature et forme seigneuriale de ce comté, ou plutôtde cette principauté suisse , titre qui appartient à cepays depuis que les cantons le remirent à Jehanne avectoute-puissance et pleine souveraineté. Il s’agit doncde le considérer désormais, non dans ses relations féo-dales qui n’existent plus, mais dans son nouveau mode,c’est-à-dire, comme état libreet souverain faisant partie