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Tome premier.
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le souverain l’an i55i , blessant par ce fait la règle del’ inaliénabilité , s’il se disait souverain, ou celle de Y in-divisibilité, s’il se disait co-souverain; et voici qu’eni556, Dame Jehanne admodie aux quatre ministrauxle comté pour neuf ans, par acte passé à Chastel-Blandyle 27 Juin, 11e se réservant guères plus que la souve-raineté , et ce pour la somme annuelle de mille écusd’or sol, laquelle somme elle réduit trois jours aprèspar nouvel acte, à trois mille livres faibles. Qu’arriva-t-il de ce vilain marché? Les ministraux firent les maî-tres dans le pays, destituèrent et renvoyèrent les châ-telains, maires et autres officiers qui ne leur plaisaientpas, pour leur substituer de leurs gens; ils introdui-sirent le lod des maisons dont auparavant on ne lodaitque la valeur du terrain, etc. Il est facile de voir quecette pache honteuse de la part de la princesse, ébré-chait la prérogative souveraine, ainsi dépouillée de sesprincipaux droits et attributs baillés pour neuf ans,contre argent, à des bourgeois traitans, et qu’elle bles-sait diverses lois fondamentales, telles que: x°. Vina-liénabilité, vu que ce bail était une vraie aliénation àtems; 2°. Vadministration et perception des revenusde l'état, sans nouveautés onéreuses, vu que d’unepart, des traitans ne se mettent guères en souci depourvoir aux dépenses et charges publiques, et que del’autre ils ne cherchent qu’à augmenter à leur profit lerevenu, en aggravant, s’ils le peuvent, les redevancespersonnelles ou foncières, comme il arriva au regarddu lod des maisons : 3°. la nomination aux offices,vu que les traitans revêtus de ce beau droit seigneu-rial, 1’ exercèrent non en vue du bien public etdel’hon-