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Tome premier.
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peine usités chez les princes de l’Asie ! Peut-on conce-voir chose plus monstrueuse, et qui blessât plus ouver-tement toutes les branches de la constitution?

L’an d’après, dame Jehanne, par acte en forme datéde Noyers le février i538, (en arrière du gou-verneur George de Rive et de son immense plein-pouvoir ci-dessus), vend aux ministraux la mairie deNeuchâtel avec haute, moyenne et basse juridiction,ensemble les lods et tous droits seigneuriaux, ainsique les terres du domaine, ne se réservant que le châ-teau et donjon, avec le pouvoir de faire grâce aux cri-minels en qualité de souveraine, le tout pour la sommede deux mille écus d’or sol une fois payés, et une re-devance perpétuelle de deux cents livres faibles, pourchacun an desquelles choses et propriétés, la ville nedevait toutefois entrer en pleine et réelle possessionqu’à la mort de la princesse, se contentant, en atten-dant, d’une belle et bonne jouissance. A-t-on jamaisrien ouï de pareil dans un état inaliénable! Est-ce doncque ceux de nos gens alors dans les offices, étaient tousperclus de corps et d’esprit? Certain est-il que je n’aivu nulle part qu’ils aient donné signe de vie quel-conque, tandis que j’ai trouvé aux archives de Tryediverses preuves par actes et missives que les minis-traux et conseil de la ville se remuaient sans cesse, sibien qu’ils faisaient et tripotaient à leur guise, commeon voit. Vrai de dire, que plusieurs de ceux alors enoffices de la seigneurie, avaient bonnes raisons pour setaire, faisant leur privé profit en cette conjoncture parles beaux et bons biens qu’ils obtinrent de Jehannepresque pour rien; car toujours en besoin d’argent,