Band 
Tome premier.
Seite
102
JPEG-Download
 

parce qu’elle donnait à pleines mains, et qu’elle étaitentourée de pillards, cette femme, je crois, auraitvendu sa chemise pour avoir de quoi dissiper. Aussiemprunta-t-elle en cette même année i538, de la villede Neuchâtel , 7700 écus d’or sol, que les ministrauxcoururent vite emprunter à Bâle , pour les lui prêter,comptant sans doute en faire ultérieur bon trafic.

Que dire et penser du fait suivant? Le roi François I erayant besoin d’argent et voulant emprunter en cettemême année i538, cent mille écus en Suisse , Jehanneconsentit que le roi son cousin offrît le comté de Neu-châtel par assurance et hypothèque du prêt. LesBernois auxquels on s’adressa, répondirent que l’al-liance et combourgeoisie avec ce pays ne leur permet-tait pas de contracter à son détriment et péril, belleréponse, certes,, et bonne leçon dont la pauvre Jehannene fit profit.

Car dans le même temps ci de l’avis de son conseil( j’entends de celui qui l’entourait en France ), elle ven-dit à la ville de Neuchâtel l’abbaye de Fontaine-An-dré avec toutes ses appartenances, pour quatre milleécus d’or sol, par acte du 3 mai i558; plus pourtrois mille cinq cents écus d’or tous les biens du cha-pitre de Neuchâtel qui lui étaient échus par la réforma-tion : de plus lemême jour elle vendit le prieuré Saint-Pierre du Vaux-Travers à un bourgeois de Neuchâ-tel Jehan Jaquemet, chevalier, seigneur d’Orsans,pour mille écus d’or une fois payés et sous une rede-vance annuelle de cent écus d’or, que la princesse re-mit aux ministraux. Certes, le conseil dont cette dame,au dire de ces actes, suivait 1 ’advis, était composé d’as-