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Tome premier.
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sognes, d’autant que quelques uns des dits ambassa-deurs, imaginant qu’on pouvait tailler et rogner icicomme ils voyaient faire en France , ne pensèrent seu-lement pas à s’instruire des formes et de la constitutionde l’état: la plupart, certes, n’y connurent rien, ainsique j’ai eu bonne occasion de le voir par leurs rela-tions et missives conservées à Trye. On peut en jugerpar ce qui arriva en i564, lorsque le prince réunit àson domaine la belle terre de Colombier pour la sommede soixante mille écus d’or, laquelle somme le cantonde Berne cautionna auprès de la famille Wattenvillevenderesse ; pour sûreté de quoi le susdit d’Ablonvillen’alla-t-il pas donner tout le comté! Acte dangereux etnullement tolérable, que nos gens d’alors laissèrentfaire et passer sans dire mot. Au lieu de mettre ainsien péril Y inaliénabilité de l’état par une semblable hy-pothèque, ne suffisait-il pas de donner la terre acquisepour sûreté aux cautions? Toutefois les audiences-gé-nérales assemblées l’année suivante i565, annoncentde bonnes et sages têtes, à en juger par les décrétalesalors faites et publiées. Il semble, en voyant ces choses,que l’esprit, le courage et l’amour du bien ne leur ve-naient que quand ils étaient rassemblés en grandetroupe, se réchauffant alors mutuellement en se frot-tant les uns contre les autres.

Réné, comte de Challant, seigneur de Valangin , quenous avons vu plus haut secouant toute relevance ettranchant hardiment du souverain, mourut l’an i565,ne laissant que deux filles mariées aux comtes de Tour-niel et d’Avy, lesquels beau-frères se disputaient l’hé-ritage de Réné, et se confondaient en procès. La belle