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Tome premier.
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vassaux, d’assister aux audiences-générales, à Neu-châtel s’entend, lesquelles audiences, et par après lesTrois-Etats de Neuchâtel , ont été jusqu’à présent leseul et légitime sanctuaire des lois et décrétales de toutl’état : delà enfin, les droits que les gens de Valangin vont toujours poussant gros et menu, et qui les con-duiront à la fin à former une démocratie, si on con-tinue à faire à leur guise, ainsi que cela se pratiquebien fort à l’heure qu’il est par la princesse sœur cu-ratrice: ils sont si fort gâtés, que je ne sais trop com-ment on les dégâtera.

Léonor d’Orléans ayant atteint l’âge de majorité,vint à Neuchâtel en décembre i 56 i, avec sa mère :grande joie dans tout le pays, d’autant que l’un etl’autre étaient de la religion réformée, laquelle toute-fois le prince quitta quatre ans après pour se faire ca-tholique, à la sollicitation de la reine Catherine de Mé-dicis. Il prêta serment le 26 janvier 1662, et confirmatoutes leurs franchises. Voilà enfin un peu de règle.Le prince retourna bientôt en France , et laissa sa mèreà Neuchâtel avec le seigneur d’Ablonville, comme am-bassadeur, c’est-à-dire, avec pouvoir d’agir en sonnom. Je crois avoir dit quelque chose de ces ambassa-deurs que la plupart de nos princes français, à com-mencer par Jehanne, eurent l’habitude de tenir en cepays : mauvais et dangereux usage, d’autant qu’il nefut jamais question de les assermenter à l’état. C’étaitde vrais intrus qui par fois voulaient régenter à leurtête, pendant que la régence légale ne pouvait êtrequ’ès mains du gouverneur et conseil d’état : delà ré-sultèrent souvent des discordances et mauvaises he-