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Tome premier.
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prouvent bien que les ministraux avaient été grande-ment favorisés en ne payant que i5oo écus pour toutle comté par le bail précédent. Ainsi le désordre etmauvais ménage introduits par Jehanne servirentd’exemple à Jaqueline. En m’arrêtant aussi longue-ment que je l’ai fait à déduire les grands abus quifurent si fréquens et de tant d’espèces sous les pre-miers règnes de nos princes français, il m’a paru quec’était le moyen de connaître i° l’esprit d’alors, tantcelui des maîtres que celui des serviteurs et sujets,1 ° les vraies règles et formes de l’état,, en ce que, selonquelques philosophes, il y a des choses qu’on rendplussensibles par opposition ou voie des contraires, et quedécrire le désordre qui a régné, c’est indiquer l’ordreet la règle qu’on aurait dû suivre. Le règne suivantoffrira un autre coup d’œil et certes tout beau.

Après la mort de Léonor d’Orléans en 1 an i5y5,Marie de Bourbon sa veuve, gouverna comme mèretutrice ou curatrice de son fds Henri d’Orléans, et scgarda bien de suivre les traces de Jehanne et de Jaque-line. Cette princesse qui avait bonne tête et bons yeux,dépêcha aussitôt monsieur de Maniquet à Berne pourrecommander le jeune prince son fils à l’amitié pater-nelle du canton, et pour le consulter sur le moyen detirer parti des occurrences au regard de Valangin , sapénétration lui faisant apercevoir dans le discord desgendres de Réné la possibilité non-seulement de ré-parer la blessure faite à la souveraineté par la félonienon punie de cc vassal, mais de réunir ce grand fiefau domaine du prince. A cette occasion, je dois obser-ver que les instructions données par Marie de Bourbon