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à son ambassadeur montrent bien que cette dame avaitune juste idée de la forme et condition politique de cepays, en ce qu’elle établissait comme maxime fonda-mentale, que le comté étant dans la Suisse et tenantde tous points à messieurs des ligues, tant par allianceset combourgeoisies avec quatre d’iceux, que par adhé-rence immémoriale avec tous, c’était d’eux seuls quele comté pouvait tirer toute protection, garantie et sû-reté. Doctrine, certes, excellente en cet état, et qui in-diquait bien la rare judiciaire de cette princesse. Ellene tarda pas à venir à Neuchâtel pour conduire elle-même cette importante affaire, et fort habilementse trans-porta d’abord à Berne où tout se prépara favorable-ment; delà elle se rendit à Lucerne, à Fribourg et àSoleure .
Partout elle reçut des honneurs non pareils, partoutelle captiva les cœurs par ses manières engageantes et sonbeau dire, remontrant aux cantons qu’ils étaient les pèreset protecteurs naturels du comté en leur qualité d’alliéset en celle de garans, conjointement avec les autres can-tons. Tout ce travail non petit, bien conduit d’un bout àl’autre, fut merveilleusement secondé par les Bernois.Tant et si bien se mania la princesse, que les dits can-tons alliés prirent en leurs mains l’affaire de Valangin etprononcèrent à Soleure le 11 août i 5 y 6 : i° Que Valan-gin est un lief relevant du prince de Neuchâtel , lequelprince doit être maintenu par les douze cantons dans sasouveraineté sur le dit fief. 2° Qu’en conséquence leprince, soit les Trois-Etats de Neuchâtel , sont seuls ju-ges compétens du procès entre les comtes de Tourniel etd’Avy, auxquels juges compétens les quatre cantonsrenvoient les dits comtes.