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extrême bonté et une exacte justice. Alors des guerresde religion en France, les Suisses couraient en foulejoindre l’un et l’autre parti, chacun suivant sa religionet sans y être autorisé par ses supérieurs ; ce quiobligea les cantons à défendre toutes levées sous degrièves peines. Nos gens y coururent aussi et en grandnombre, et la plupart n’obéirent point à la sommationde revenir, de quoi grandes plaintes furent portéespar l’ambassadeur de France et par les cantons catho-liques. Marie de Bourbon voulait que ceux d’entre lesNeuchâtelois qui n’avaient tenu compte de la som-mation, fussent sévèrement punis à mesure qu’ils re-viendraient au pays, tant les catholiques du Landeron que les réformés du reste du comté, indistinctement;à quoi il fut pourvu, et la princesse apprenant que lesministraux ne punissaient que par quelques jours deprison bourgeoise ceux de leurs bourgeois qui reve-naient de France , elle s’irrita de cette mollesse, exi-geant toute autre punition ; ce qui occasionna le traitéstipulé avec M. de Liverdis et qui porta son nom. Unechose digne de remarque et qui prouve que Marie deBourbon avait bien saisi la seule politique externe con-venable à ce pays, (laquelle consiste à se conduiretoujours à l’égal des Suisses et à nous tenir collés detous points aux cantons), c’est que dans ses instruc-tions à M. de Liverdis, elle recommandait fortement:i°. Que nos gens fussent punis pour leurs levées illé-gales, précisément comme les ligues puniraient lesleurs; 2 0 . Qu’en tous rencontres de levées autoriséespar les ligues, les braves du comté devaient être ex-hortés à s’y adjoindre, afin de faire montre qu’ils sont