Band 
Tome premier.
Seite
128
JPEG-Download
 

— 128 —

vrais Suisses , et partant bons amis et alliés de la cou-ronne de France . A mon avis, on ne saurait mieuxvoir et raisonner. Voilà ce qu’on peut appeler de latoute bonne politique, en ce qu’elle est simple et droitecomme celle du mémorable duc de Sully; aussi la prin-cesse le consultait-elle souvent, ainsi que j’ai eu occa-sion de le voir au château de Trye, par les lettres dece grand et excellent homme à Marie de Bourbon .

Toutefois pour dire ce que je pense à charge et àdécharge, il me semble que la princesse erra grande-ment, quand pour complaire aux gens de Valangin qui s’avisaient de trouver mauvais qu’on eût réuni cefief à la directe), et afin de les ramener et se les atta-cher, elle consentit à la continuation des audiences deValangin . En quoi certes, elle s’écarta de toute bonnerègle, et fit vraie faute d’écolier : car après avoir eubien de la peine à raccommoder elle-même les chosestant pâtées de ce côté là, fallait-il les ébrécher de re-

O '

chef et tout sur le champ ? Ce fief remis sous le bâton,voire réuni au domaine, ne devait plus conserver lemoindre vestige de sa soustraction par félonie, ains aucontraire il fallait y rétablir sévèrement et de tous pointsles choses sur le pristin pied. Il ne devait donc plus yavoir d’audiences générales qu’à Neuchâtel comme d’an-cienneté, et quant à Valangin le plaid de Mai était bas-tant comme du passé. C’est une maxime importante enun pays coutumier, qu’il ne faut toucher aux ancien-nes formes que par le sentiment et désir général, envue d’avancer l’utilité publique; sans laquelle condi-tion, altérer les usages est une mauvaise œuvre en po-litique interne, vu que c’est ouvrir la porte à des chan-