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Tome premier.
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de note qui indiquait le dessein qu’avait cette princessede favoriser et encourager ceux de nos gens qui al-laient avec les autres suisses servir en guerre la cou-ronne de France , en leur destinant quelques-uns des jfiefs qu’elle pensait à recouvrer, et qui auraient étédonnés sous le nom de fiefs d’épée aux plus méritanset braves capitaines, pour en jouir leur vie durant,comme d’une prébende en qualité de commandataires.Probable est-il que cette pensée roulait en sa tête de- jpuis plusieurs années, et qu’à cette fin elle avait notéà diverses dates, en son agenda, les noms des capi-taines Claude Guy, Louis Usterwald, Jehan Pury, JehanJaques Tribolet, Simon Balanche, disant de l’un, braveserviteur durai, de l’autre fort estimé de M. le grand-maître, et de deux ou trois : le roi Ta fait chevalier.

Ce fut ensuite du dessein de mettre de l’ordre dansles fiefs du pays, que Marie de Bourbon chargea mon-sieur de Sillery, ambassadeur du roi de France auprèsdes Suisses, de venir à Neuchâtel recevoir en son noml’hommage du capitaine Simon Balanche pour le fief deBellevaux qu’il venait d’acheter. On s’y prit avec unappareil et en une forme non connus chez nous : lesdevoirs de vassal, ses avantages, sa prestation d’hom-mage et féauté, tout fut rédigé par écrit le 28 janvier !15g6 : jamais on n’avait vu chose semblable, ni si bienfaite en ce pays depuis l’origine des fiefs. Ce monsieurde Sillery était un maître-homme pour l’ordre et larègle. C’est grand dommage que nous n’ayons vu quecet échantillon de tout le beau projet cle Marie deBourbon , sur lequel je viens de m’étendre longuement,parce qu’il m’a fourni l’occasion de considérer certaines