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ce tribunal, ainsi amplifié, seraient en assez grandnombre pour s’éclairer et se redresser mutuellement,et par là moins sujets à l’erreur et à la corruption. Jeprévois que l’occurrence sera périlleuse; et n’était maparfaite confiance en la protection de notre ange gar-dien qui a déjà tant fait de miracles pour ce pays, jeserais en grand souci.
Reprenons le fil et les dates. On eut bien sujet d’êtregrandement surpris dans ce pays, que par le traité depaix entre la France et la Savoie, signé à Turin le 5Juillet i65a, le roi Louis XIII promît au duc de Savoie de lui faciliter les moyens d’acheter le comté de Neu-châtel . Cet engagement si étrange doit être imputé auxfausses idées qu’on avait pu concevoir de la nature ducomté, par la mauvaise administration et conduite denos princes français, particulièrement sous la régencedes femmes, sauf Marie de Bourbon , n’ayant étéquestion depuis un siècle que de partages, ou de venteset aliénations projetées. Nos gens, la ville surtout,ayant appris ce traité, se mirent en campagne et s’adres-sèrent d’abord à Berne , ensuite aux autres cantonsalliés qui bien heureusement firent tomber la chose enreprésentant : i 0 Que le comté étant inaliénable ne pou-vait être trafiqué; 2 °. que faisant partie du corps hel-vétique , il ne pouvait en être détaché, ains en éprou-verait toujours protection et garantie; paroles, certes,admirableset qui contiennent bienbrièvement notre toutpolitique. Il était bien à craindre que le roi Louis XIII pour tenir parole, ne fît consentir par imposantes solli-citations le prince Henri II à cette aliénation, bienmalgré lui; mais il n’en fut plus parlé. Ce danger lut