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Tome premier.
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l'empereur et l’empire regardaient Neuchâtel commeun état Suisse : à quoi certes le prince Henri contribualui-même bien habilement, en favorisant de toutes sesForces l’asile que les pauvres Bourguignons cherchè-rent en foule et trouvèrent dans le comté en l’annéeî638, lorsque le dit prince envahit la Franche-Comté à la tête d’une armée française . Ces choses me sem-blent vraiment dignes d’être observées, en ce qu’ellesservent admirablement à prouver par de grands faitset de graves occurrences notre constitution politiqued’état souverain et de contrée Suisse ; deux attributs sicapitaux pour ce pays, qu’il n’y a qu’eux qui puissentle conserver.

La signature du fameux traité de Munster , ou deWestphalie, par notre prince Henri II , au nom du roide France le 24 Octobre 1648, méritebienque j’en parleune seconde fois, vu que par ce traité fut publiquementet pleinement reconnue l’indépendance et souverainetédes cantons Suisses et de leurs alliés, entre lesquelsfut bien compris Neuchâtel , le prince Henri ayant eusoin de s’y faire inscrire sous la qualification de princeet comte souverain de Neuchâtel en Suisse , laquelleindépendance des cantons et de leurs alliés fut ensuiteratifiée par tout l’empire, dans une diète àRatisbonne,l’an 1662; de quoi il fut donné une déclaration commed’une constitution de l’empire, au bourgmaître Wett-stein de Bâle , grand homme cl’état qui mania merveil-leusement cette importante affaire. j

Les princes Barberins, engeance papale, s’avisèrentde venir visiter ce pays l’an i653, dans le dessein del’acheter, chose bien certaine, puisque le prince Henri II