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de sa personne, par mon office de procureur-généralque j’exerçais pour lors, j’ai vu de mes yeux et en-tendu de mes oreilles les choses ci-après.
Il arriva le i er Juillet i65y sur la frontière par Pon-tarlier, avec un nombreux cortège de seigneurs fran-çais , ayant à sa suite plus de deux cents chevaux. Làil fut complimenté par le chancelier Hory à la tête duconseil-d’état; il nous répondit: « Messieurs! Je viens» en ma vieillesse voir encore une fois mes fidèles sujets» et bons amis de ces lieux, et vous témoigner à tous» combien je vous aime ; j’ai pris soin de vous conser-» ver vos franchises et libertés, voire celles de votre reli-» gion qui n’est la mienne, et le ferai tout le temps de» ma vie, afin qu’à l’heure de ma mort, j’aie le doux» contentement de vous laisser heureux. » Deux régi-mensdupays, de mille hommes chacun, commandéspar Sigismond et Jacques Tribolet, se trouvèrent aussisur la frontière pour le recevoir ; le prince prit grandplaisir à les considérer, parlant à tous avec grâce etaffabilité. Arrivé sur les champs de Peseux , il y trouva labandière de Neuchâtel avec neuf cents hommes com-mandés par le maître bourgeois Pury-la-Pointe : le ban-deret Merveilleux présenta la bandière au prince quila tint pendant le compliment, et la lui rendant, dit : « Jea revois avec grand plaisir ces braves bourgeois en la» garde desquels je mets ma personne; reprenez la» bandière, syre banderet, et m’y veux ranger tout lea premier, comme bon bourgeois de Neuchâtel que je» suis, étant prêt à la suivre pour soutenir les droits» et honneur de notre bonne patrie Suisse »
Les quatre-ministraux lui présentèrent les clefs à la