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Tome premier.
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porte de la ville; il les garda pendant la harangue,ensuite les leur rendit, en disant : « Messieurs, ma» bonne ville de Neuchâtel ne peut être en meilleure» custode, par ainsi je vous recommande d’avan-« cer toujours, comme du passé, tout bien et tout» honneur en icelle. » Sur sa route depuis les Verrières jusqu’à la ville, le prince avait rencontré çà et là lesbandières des autres bourgeoisies et plusieurs ensei-gnes, mêmement des quartiers éloignés, et’n’avaitmanqué de dire à tous de quoi les bien contenter : siles princes savaient combien il leur est facile de ga-gner l'affection de la multitude, ils ne pourraient re-fuser de faire si petite dépense. Comme mon officem’appelait à être auprès du prince durant le trajet,j’eus occasion de remarquer le singulier plaisir et grandétonnement que lui causèrent tant de gens d’armesqu’il rencontra sur son passage, au nombre de six àsept mille; quand il apercevait une bandière, il tres-saillait d’aise et me dit une fois : Où se prennent tantde gens? il ne se peut faire que ce soit les mêmes.Je l’assurai que ces enseignes étaient différentes, etqu’il ne voyait qu’une partie de son peuple ; alors setournant vers aucuns des seigneurs de sa suite, il leurdit : « En France je ne suis prince que sur parche-» min d’Italie, en Suisse il en est tout autrement, je» vous le disais bien. » Et comme je prenais soin delui indiquer les lieux d’où sortaient ces enseignes et ladistance de leur manoir, il me dit : Ces brcwes gensont pris bien de la peine, et toutefois semblent-ilsl’avoir fait joyeusement; c’est marque qu’ils vrai-ment : ce jour me fait tant de plaisir que je ne puis

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