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le dire. Quelques jours après son arrivée, il dit au ban-deret Merveilleux : Je ri ai rien juré à la bourgeoisie deNeuchâtel, mais bien à celle de Valangin ; c’est unevieille dette de quarante ans que vous devez m’obliger■à payer sans renvoi et avec dépends, comme juste.Le ban deret lui répondit gentillement : Monseigneur,nous y perdrions, vu que ce serment ne contient pastout ce que vous faites. Le jour de sa fête échéant aui 3 juillet, la ville résolut de la célébrer par autant deréjouissances publiques qu’on pourrait en imaginer,et pria très-humblement le prince d’accepter un repasavec toute sa suite, ce qu’il agréa de grand cœur. Ilfut servi par six membres du conseil des vingt-quatre,et par douze de celui des quarante : en se mettant àtable, il voulut avoir à sa droite le maître-bourgeoisen chef, et à sa gauche le banderet, ne cessant d’a-dresser des paroles d’affection aux uns et çiux autresdu conseil, les appelant par leur nom qu’il avait prissoin d’apprendre, et devisant de la chose publiqueavec bonne intelligence, voire des grands débats del’an 1618: en ma première jeunesse, leur dit-il, jevous ai fait bien du chagrin; les enfans ne savent cequ’ils font , il faut leur pardonner. On n’avait rienépargné pour rendre le festin splendide, de quoi leprince semblait fâché, disant : Mes amis, pourquoice grand régal? mieux valait collationner commebons Suisses ; du fromage avec vous autres me réga-lerait plus qu ortolans avec des princes : et remar-quant certains messieurs de sa suite badins et de joyeusehumeur, se chuchottant comme par moquerie, alorsqu on apportait les grands vases pour boire la santé