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Tome premier.
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gaiement, un jour que je prenais la liberté cle le pres-ser d’aller voir nos alliés : ventre saint gris , je suistrop vieux, me dit il: les harangues, grands festins,réjouissances et autres belles choses requises en telcas , ne sont passe-temps pour barbe grise, mais bienpour celui de mes fils qui après moi viendra. Dansune autre occasion, il me dit: mieux aurait fait ma-dame ma mère de me conduire autrefois, commevrai enfant de bien, vers nos bons papas messieursdes cantons, que de nous quereller ici avec les bour-geois un an durant. Le second point de politiqueexterne regardait la Franee, source de tout bien à re-tirer ou de tout mal à craindre, car le prince pré-voyait que la Franche-Comté appartiendrait un jourà la couronne, ce qu’il n’a pas vu et qui est arrivénaguères : or il comprenait mieux que personne com-bien il était nécessaire que Neuchâtel fût réputé paysSuisse , et toujours reconnu tel par le roi et la cou-ronne de France , tant afin de continuer de participerà tous les avantages et bénéfices accordés aux Suisses dans le royaume, que pour garantir notre souverain decertaines influences qui pourraient l’embarrasser ensa qualité de natif français , proche parent de la fa-mille royale et seigneur de grandes terres en France .Et puisque cette couronne ne faisait tant de cas desSuisses , qu’à cause, sans doute, du grand nombre degens de guerre qu’elle en tire, j’insistais pour que cepays eût toujours au service du roi de France autantd’enseignes que possible et sur le même pied que lesautres Suisses , non toutefois en formant un régi-ment à nous seuls, comme ci-devant celui de Guy,