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Tome premier.
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un grand nombre d’hommes heureux, invités au tra-vail et à l’industrie par la liberté, que d’avoir touteautorité en un pays qui perdrait la moitié de ses ha-bitants en perdant ses privilèges, et se couvrirait bien-tôt des ronces d’autrefois. Au regard de la politiqueexterne, le prince sentait également que la parfaitesûreté du comté dépendait au dehors de ces deuxpoints ; l’un de sa qualité d’état Suisse , membre ducorps helvétique , qualité en laquelle il convenait dele conserver précieusement, tant en cultivant soigneu-sement les alliances et combourgeoisies avec les quatrecantons de Berne, Lucerne, Frybourg et Soleure ,qu’en recherchant l’alliance du canton de Zurich ; qu’iln’était pas moins convenable d’entretenir le souvenirde la protection et garantie résultant de la remisedu comté faite à la comtesse Jehanne par onze can-tons en iSag, et d’avoir en ce pays pour règle etmaxime d’état de se conduire en tout et partout commele corps helvétique . Toutefois il ne me fut pas pos-sible d’engager le prince à renouveler lui-même lesalliances avec les quatre cantons, ou tout au moinsà leur faire une visite d’amitié en retour de leurspromptes et solennelles ambassades pour le compli-menter à son arrivée, bien certain que j’étais que lecharme attaché à sa personne lui captiverait tous lescœurs en Suisse , ainsi qu’on pouvait en juger par legrand contentement des dits ambassadeurs que sesdiscours et ses manières semblaient avoir mis dans l’enchantement. Cette contradiction dans les pensées duprince provenait de son aversion pour les cérémonies,ainsi qu’il me le témoigna avec vivacité, toutefois