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Tome premier.
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écrit : je rédigeai en dix articles un projet de traité '(qu’on trouvera couché sur mon minutaire), et le pré-sentai à S. A. S. qui témoigna en être satisfaite. A sonarrivée à la cour de France, le prince mit aussitôt lamain à l’œuvre, en telle sorte qu’au commencementde l’année suivante i658, la seigneurie reçut desexemplaires imprimés du traité fait et passé le 12 dé-cembre 1657, entre le roi Louis XIV et notre princeHenri II . Certes, je ne pus le lire sans chagrin et dépit,quand le comparant avec ma minute, je trouvai bienles dix mêmes articles, mais changés et pervertis enplusieursendroitsimportans; à commencer parle titre,je trouvai au lieu de ces mots, principauté de Neu-châtel en Suisse (qualification dont l’usage ne pouvaitmieux être consacrée que par la bouche d’un grandroi, et qui m’avait paru propre à effacer toute idéed’ancienne vassalité), je trouvai, dis-je, comtés souve-rains de Neuchâtel et Valangin en Suisse . Je n’ai pusavoir la raison de ce changement vraiment absurde,puisqu’il mettait en égalité le fief servant et réuni à ladirecte, avec le comté seul souverain; j’ai toujourssoupçonné certain secrétaire des commandemens, fortdévoué aux gens de Valangin , d’y avoir aidé. Lepréambule ainsi que l’article premier étaient conservésen leur entier, à l’exception du titre de principauté.L’article 2 e était gâté, en ce qu’011 y parlait de ma-nière à attribuer au roi de France le droit de fairedes levées en ce pays, à sa volonté, contre la pratiqueusitée dans le reste de la Suisse . Le 5 e était bien con-servé. Le 4° était dangereusement gâté, car en y sti-pulant le libre passage des levées suisses , immémoria-