— 175 —
lément pratiqué entre tous les cantons, on avait'mé-chamment ajouté ces mots et autres étrangers dont saMajesté voudra se servir, Ce qui ne se pratique nul-lement chez les Suisses , leurs sages maximes ne per-mettant passage à aucunes troupes étrangères. Le 5°substitué à un autre, était d’autant plus mauvais qu’ilattaquait les libertés de nos gens, qui, à l’exemple desautres Suisses , vont servir en guerre où il leur plaît.Le 6 e et le 7 e étaient restés en bon état. Le 8 e , au lieud’une compagnie aux gardes suisses, en accordait deux ;l’expérience apprit bientôt qu’il y en avait une de trop;aussi cet article a-t-il été mal observé. Le 9 e très-im-portant était bien conservé, et eut son exécution au re-nouvellement de l’an i663. Le 10 e bien conservé aussi.
Parlant un jour de ce traité à feue madame la prin-cesse, àTrye, elle me fit entendre qu’il y avait eu dela surprise dans le fait du ministre d’état comte deBrienne, se souvenant bien que le prince son mari s’é-tait plaint de diverses choses qu ’011 avait glissées à soninsçu dans le dit traité, et auxquelles il ne fit pas at-tention le jour de la signature, n’ayant pas imaginéqu’on pût altérer des articles convenus; et qu’aprèsnos représentations, il avait cherché à réparer le mal,et en avait parlé à plusieurs reprises au roi qui le ren-voyait à Brienne, et que celui-ci n’avait cessé de direoui, sans jamais rien faire. La princesse ajouta quecertain gentilhomme de la maison attaché au cabinet ,avait été renvoyé à cette occasion, soupçonné d’avoiraidé à la tricherie. Voilà comme sont menées la plu-part des affaires des princes, voire les plus impor-tantes, avec légércté, négligence ou mauvaise foi.