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Tome premier.
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iac et se rendit à Lyon : dès lors plusieurs lui donnè-rent le nom d’abbé d’Orléans.

Ge fut ainsi que Charles Paris d’Orléans, comte deSt.-Pol, devint prince souverain de Neuchâtel ; d’au-tant plus agréable aux peuples que sa bonne mine,ses vives et spirituelles reparties et ses manières ou-vertes et cordiales retraçaient dans les cœurs la douceimage du bon prince Henri, son tant digne père. Bienque mineur encore et sous la curatelle et régence demadame sa mère, certains quidams l’engagèrent à ré-gler l’état de la noblesse ainsi qu’on le voit aujour-d’hui au tribunal des trois-états, ce qui mit fin auchamaillis subsistant depuis 1618 entre les vassauxqui réclamaient ces sièges comme à eux seuls appar-tenans, et les conseillers d’état annoblis par cap, quiprétendaient y avoir droit par leur office, prérogativequi m’a toujours été inconnue et tout au plus fondéesur une usurpation de cinquante ans, sans cesse con-testée, vérité que je n’ai manqué de dire à chaque oc-casion, tout conseiller d’état et anobli que je suis; lapremière règle du bon ordre étant que chacun reste àsa place. Au lieu de cette vaine et prématurée fonc-tion de souveraineté par un mineur, il me semblaittout autrement utile et convenable, vu les circons-tances ci-dessus, que le jeune prince ayant reçu denotables ambassades de la part des quatre cantonsalliés pour le complimenter, allât tout d’abord parpure civilité visiter les dits alliés, comme pour leurtémoigner à l’avance qu’il se réjouissait de renouvelerles alliances à sa majorité; certain qu’il aurait captivéles cantons par son esprit, scs manières et son beau

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