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faveur de la comtesse Jehanne et de ses légitimes suc-cesseurs et non pour d’autres. De tout quoi bien ins-truit par de bons avis de Berne , je me hâtai d’en in-former S. A. S. madame la princesse régente qui enconféra tout d’abord avec le prince de Condé son frère :ils trouvèrent nécessaire d’envoyer sur-le-champ àNeuchâtel le jeune souverain, accompagné de son frèrecadet le comte de St.-Pol, afin de calmer les Suisses par la présence de ces jeunes princes, ainsi remiscomme codeur garde et protection. Une autre raisonoccasionna ce voyage ; le prince aîné notre souverain,qu’on nommait en France le duc de Longueville, faibled’esprit et de corps, et souhaitant de se vouer à l’église,consentait à résigner la souveraineté au comte de Saint-Pol, son frère cadet, beau, bien fait, vif, aimable etspirituel, fort aimé de la princesse mère et du princede Condé son oncle, lesquels désiraient fort tous deuxla dite résignation, comme on peut le voir parla lettreque madame me fit l’honneur de m’écrire à ce sujet.L’abdication du jeune souverain ne souffrit aucune dif-ficulté, vu qu’il résignait la souveraineté à celui quele sang et la loi appelaient déjà à son défaut ; il se ré-serva toutefois le droit de retour au cas qu’il survécûtà son frère sans postérité, de tout quoi il fut passéacte en due forme; et le i5 c mars 1668, par devantles trois-états assemblés et en présence de tous lesordres, corps et communautés, après lecture de l’actede résignation et autres faits et dits qui ne sont de monsujet, le duc de Longueville remit le sceptre au comtede Saint-Pol, l’embrassa, sortit sur-le-champ, entradans un bateau suivi de ses gentilshommes, passa le