— 187 —
par les questions de droit public y contenues, et quiprouvaient que ce canton, dans son inquiétude, étaitfort désireux de connaître plus à fond certains pointsessentiels de notre constitution. Le conseil de la villefit le a décembre, une excellente réponse qui fut mi-nutée, dit-on, par le maître-bourgeois JehanOstervald,seigneur de Biolley, conjointement avec le ministreDavid Girard. Plusieurs des dites lettres mériteraientplace ici, vu les importantes vérités et bonnes maximesd’état qu’on y trouve; mais cet écrit s’allonge déjà trop,et on ne manque pas de copies des dites lettres. Toute-fois les inquiétudes redoublaient à Berne , parce quecertains adhérens de M me de Nemours commençaientà remuer et à tripoter dans le pays; le canton à plu-sieurs reprises demanda à conférer avec la ville, surcertaines voies d’accommodement imaginées à Berne .Les quatre ministraux et le conseil s’y refusèrent abso-lument, disant dans leur dernière réponse, que tellesconférences rendraient la ville coupable envers le princeet l’état; et que d’agiter plus outre une question déjàjugée par les trois-états, dont les sentences sont sou-veraines et sans appel, ce serait renverser la constitu-tion fondamentale, belle réponse qui mérite elle-mêmede passer en maxime fondamentale.
Mollondin voyant toutes ses menées et pratiques sanseffet, ne se rebuta nullement; ains au contraire, il ré-solut de fondre la cloche, comme on dit, et engageaM mc de Nemours à venir en Suisse en 1673, l’assurantque sa présence la mettrait en possession de cette sou-veraineté, par le grand nombre de partisans qu’il di-sait lui avoir ménagés, et qui n’attendaient que sa venue