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si toutes les démarches du chevalier de Fontenay furentbien avisées, il faut en faire honneur au procureur-général Brun d’Oleyre qui fut son plus particidier con-seil. Toutefois je ne puis dissimuler que les états firentfaute, ce me semble, en un point; je veux parler deleur prononciation sur la curatelle. Pourquoi paraîtrefonder leur décision , au regard de ce pays, sur le choixfait en France par le roi Louis XIV , pour la curatelledes biens gisans dans le royaume? Pourquoi, dis-je,ne pas se borner à prononcer, que par une pratiqueimmémorialement suivie en cet état, les mères étaienttutrices ou curatrices de nos princes mineurs ou em-pêchés? Car bien que les états ne pensassent par làqu’à donner plus de poids à la chose, il me semble,ainsi que je le dis alors tout haut, qu’on ne peut tropéviter en un état indépendant, tout ce qui peut avoirl’apparence de tenir à un ressort forain, crainte de com-promettre cette précieuse indépendance que ce petit payss’est enfin procurée avec tant de peine et de bonheur.
Qui n’aurait cru que cette contestation était terminéepour toujours? Mais Biaise de Moîlondin, plus animéque jamais, courut à Berne , remuant ciel et terre pourengager ce canton à se mêler de cette affa ire ; ce quioccasionna diverses lettres des duchesses de Longue-ville et de Nemours aux Bernois, et des réponses de lapart de ceux-ci. Une lettre entr'autres de la princesserégente était remarquable par la manière dont elle ydéduisait ses droits, et justifiait le jugement des troisétats; la minute de cette bonne pièce avait été fourniepar le procureur-général Brun. Berne écrivit aussi ala ville de Neuchâtel une lettre non moins remarquable