190 —
ordres, arrivés d’autant plus à propos, que le jeudisuivant i cr juin, jour du marché, était marqué pourune levée de boucliers, les partisans de M me de Ne-mours, joints par ceux de Valangin au nombre dequelques mille hommes, ayant comploté de l’amenerà Neuchâtel pour la proclamer souveraine. Lettre très-remarquable écrite à la ville de Neuchâtel par M. deSt.-Romain, ambassadeur de France auprès desSuisses,datée de Soleure le 11 août 1673, contenant entr’autreschoses, que le roi son maître allait travailler lui-mêmeà terminer à l’amiable les contestations qui divisaientles duchesses de Longueville et de Nemours , sans tou-cher, disait-il, en aucune manière à cos franchises,privilèges, lois et coutumes, etc. Justes inquiétudesde la seigneurie et de la ville, quand on apprend queces deux dames ont soumis leurs différens, non auxbons offices conciliatoires, mais à l’arbitrage et juge-ment du roi de France ; fortes remontrances sur cesujet à la princesse-régente, par lesquelles la seigneurieet la ville lui déclarent que cet état, quelle que soit ladécision du monarque français , ne peut reconnaîtred’autre juge compétent que celui qui a déjà prononcé,assavoir les trois-états, le roi de France pouvant bienles mettre d’accord comme dames françaises, au re-gard des biens situés dans le royaume, mais non ad-juger une principauté suisse , libre et indépendante.
Les choses en étaient là, lorsque je reçus ordre deme rendre promptement auprès de la princesse quiavait d’abord aperçu le danger, résultant de l’arbi-trage auquel elle s’était soumise; car elle avait de l’es-prit et de la sagacité plus que personne. Je compris