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Tome premier.
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mon propre sens ; la suite fera voir si j’ai bien ou malraisonné.

Mais le désordre de ce jour pouvant se comparer àla fièvre, après laquelle le corps se porte souvent mieuxque devant, mérite bien moins d’attention que le grandobjet que je vais examiner, vers lequel tend tout cequi précède et qui doit faire la conclusion de cetécrit.

Après avoir déduit de mon mieux tout ce qui estparvenu à ma connaissance sur l’enchaînure des causeset de leurs effets, au regard de la nature seigneurialede ce pays et de ses principales formes constitutives,depuis la plus reculée origine jusqu’à maintenant -, aprèsavoir suivi des yeux diverses révolutions et périlleusesoccurrences, qui semblent ne l’avoir menacé tant de foisd’une totale ruine, que pour rendre sa destinée plusheureuse, par une fortune non pareille, et certes, toutesingulière, on ne peut s’empêcher de demander avecinquiétude ce que deviendra ce pauvre petit état à laprochaine extinction de la maison d’Orléans qui nepeut être éloignée, et qui nous annonce une orageusevacance, soit que notre souverain survive à sa sœurrégente, soit que celle-ci lui succède.

Quand je dis une orageuse vacance, certes, ce n’estpas sans raison : chacun sait que notre prince actuelpar son testament du i er octobre 1668, institue son hé-ritier universel le prince de Conti, et que celui-ci nedoute pas d’être un jour souverain de Neuchâtel . Onsait aussi que ce prince, fort aimable, a déjà plusieurspartisans et affidés en ce pays, ainsi qu’à Lucerne , àFribourg et à Soleure . On assure même que le roi