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Cette grande, bonne et belle idée ne me serait ja-mais venue dans l’esprit, et me captive d’autant plusque par là notre sûreté politique serait à tout jamaisassise sur celle du corps helvétique, et que par là aussiseraient mis d’accord, d’un seul coup, tous ces mes-sieurs et dames, princes et princesses qui viendrontpar douzaines tirailler et déchirer finalement, peut-être, ce pauvre petit état qu’on a eu tant de peines,pendant plusieurs siècles, à former et conserver commepar miracle. Le déduit spécifique du dit plan est ha-bilement fait, et certes il faut être véritablement hommed’état pour l’avoir conçu et si bien arrangé ; il est troplong pour être transcrit ici, on en trouvera une copiedans mes papiers. Si j’ai dit plus haut que son exé-cution me semblait bien difficile et presqu’impossible,c’est par les raisons suivantes : les obstacles que j’a-perçois sont de deux sortes, internes et externes. Auregard des premiers, il faut convenir qu’une semblablerévolution demanderait que les principaux corps dupays et la majeure partie des habitans fussent du mêmeavis et sentiment, persuadé que je suis que le corpshelvétique ne prendrait cœur à l’affaire qu’autant qu’ilverrait un parfait accord, du moins en la majeure partiedu pays. Or, je ne puis l’espérer cet accord, i° parcequ’à parler généralement, c’est chose qui semblepeu faite pour nos têtes pleines de feu et de montant,soit par influence du Jura , soit par l’effet des droits etlibertés de la multitude; 2° parce qu’à cette disposi-tion de nos têtes, se joint aujourd’hui un empêche-ment de plus au hon accord, par les haines, divisionset partis qui sont les fruits tant des brouilleries de