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Tome premier.
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grand exemple, bailler signe aux puissants et plus redoutésprinces, etleur remonstrer que les superbes ne sont que folsdevant sa face, partant les délaisse, et tost perdent-ils hon-neur et chevance. Or donc le neuvième jour de juing, lesus dict duc Cliarle se logea à l’entour Morat : douze milledes siens ordonnés par le seigneur de Romont , tenaient de-vers bize, et quarante mill (aulcuns disent cinquante voirplus), tenaient les aultres parts, màchillants comme gari-bels(*)tout le pays. Le duc faict dire à ceulx de Morat de serendre, et ne reçoit que desdain du brave chevalier Adriande Boubenberg, qui dedans tenait avecque douze cent bonscompaignons de Berne et de Frybourg, respondant le dictchevallier, que le déloyal devant Grandson fiance n’auroitdevant Morat . Incontinent fait rage une formillière de ca-nons du Bourguignon, et par sept jours de batteries cui-dant avoir fracassé bastant et appert passaige aux siens,ordonne le duc Charle un furieux assault, et là perdent viesept cent Bourguignons sans nul profict. Messieurs des al-liances diligentaient de parassembler leurs gens, à cellefin ne faillir à ceulx de Morat , ainsi et comme misérable-ment estoit advenu aux assaillis de Grandson : touts quedeçà que delà arrivent es environs de Guemine, là où debon cœur et grande allégresse courrent aussy les nostresgrandement requis par ceulx de Berne et Solleure, la ban-diere du seigneur comte Rodolphe, conduite par Jacquesde Cleron, celle de la ville parle banderet Yarnoud, cellede M. de Vaîengin par le bastard d’Arberg , et celle de Lan-deron par son vaillant banderet, comportant les dictes quatrebandières mill, voir un peu plus, de la comté. Le seigneurduc de Lorraine, que grande haine et vindication portaitau duc Charle, ayant ouy ce que les ligues délibéraientfaire, et s’éjouissant d’être tesmoing, chavauchade jour, de

(*) Garihels, urbecs ou bêches, scarabées destructeurs delà vigne.