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Tome premier.
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nuit avecque cinq cent des siens, nobles féotiers et gens decheval : si vint tout à point ; jà l’angeoit on les batailles,et comportait l’ost des ligues bien quarante mill, tantgens de piques et couleuvrines, que de cheval. Et le vingtet deuzième jour de juing à l’aube (après prosternation etinvocationà genoux réclamant divine assistance), Messieursdes ligues descendent de Guemine en deux parts, une courtdessus le seigneur de Romont et du premier coup le déloge,tant et si bien le déchasse, que semblaient-ils ces pauvresBourguignons bestail épévanté par le loup : l’aultre batailledes ligues (icelle estait la plus grosse et nos gens dedans),marche droit de vers l’ost du duc de Bourgogne , là où setrouvent touts ses plus vaillants chevaillers féotiers et gensd’armes bien gardés tout alentour par le charrois, forteshavges bardées de gros pals et cent et cent canons faisantrage et batterie de ça de là : tels fourmidables empesche-mens ne peuvent rendre froids Messieurs des ligues : ainsles bandières de Berne et de Fribourg criant Grandson,Grandson, sautent les premières par travers canons, hayges,pals et charrois, en telle manière que F buis est incontinentappert aux aultres. A ce coup cuident certaines grandes etsuperbes bandes combastrc et faire chaudes charges : maisles ligues se ruent dessus, criant de plus fort Grandson,Grandson, taillant, despêchant touts ces reluisants chevail-lers sans bailler marcy ni remission à nul. Ceulx de Moraten la même heure font entière et rude saillie conduicts parle vaillant Boubenberg : si advint tuerie non pareille, et nevoyait-on que Bourguignons despêchés et gysants par toutslieugx à l’entour, non comprins tant et tantjettés, voirestoufés par chasscment dedans le lac. Le malfortuné Charlese saulva quasi seul tout d’une boutée, sans virer face jus-ques en St. Claude : tant et si grande fut la déconfiture dessiens en illcc jour, que semblait-il à Messieurs des ligues