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n’avoir fait ès champs de Grandson que petits jeux d’en-fants : trépassèrent pour le fin moins douze cent cheva-liersethaults féotiersduducdeBourgongne, ensemble biendix mille aultres gens de pied et de cheval (aulcuns disentquinze voir vingt mill, si faut-il se contenter de dix mill)certes ce semble estre bastante icelle legende, voir jà troplamentable en la chrestienté. Petite fut la perte des ligues :cent et trente laissèrent vie en l’assault des pals et canons :d’aultre part les couleuvrinades et bateries férirent de loingdeux cent et octante quasi touts de Berne et Fribourg ; desnostres seulement le bastard d’Arberg et deux hommesd’armes de M. de Valengin ; toutes fois retreuvèrent-ilssanté par après, fors un que trépassa. A l’endroict du butinles alliances ne gaignèrent préciosités si grandes que devantGrandson, la où ainsi que jà été dict, furent conquestéesvaissalles d’or et d’argent, balais et paremens les plus beauxde la chrestienté, bagues et richesses infinies 5 par ainsidoibt-on facilement croire que semblable pompe ne povoitpour si peu de temps estre jà restaurée : en place de quoyMessieurs des ligues treuvèrent deux mill courtisâmes etjoyeuses domzelles, et délibérant que telle marchandise nebailleroit grand profict aux leurs, si laissèrent-ils courre àla garde les dictes cavalles. Mais des canons, engins de touttesmanières et non cognues par deçà, piques, couleuvrines,beaux accoustremens de pied et de cheval, armures de che-valliers de touts pays et langues, un chacun en ramassa sonsoûl ; tellement que sembloient nos gens revenir du marché.Par espécial, rapportèrent-ils vingt et quatre belles armures,pots et panaches de chevalliers, baillées par Messieurs desalliances aux ministrals et conseillers de Neufchastel. A ceulxde Berne et de Fribourg, furent octroyés quasi tous les ca-nons 5 et certes les avoient-ils bien gaignés. Obmis ne doitestx’ele beaufaict d’armes de nos Montaignons, et vault illec