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de jeter un peu de lumière sur les ténèbres des siè-cles d’ignorance et de suppléer par ce prélude au dé-faut de titres et documens directs sur certains pointsmentionnés ci et là en passant, par les doctes Alle-mands, Suisses et Bourguignons. Comme je ne voisplus personne en ce pays qui prenne plaisir à con-naître les choses du vieux temps, et que bientôt onn’en saura mot, il m’a semblé convenable de rédigeren ce présent écrit les diverses recherches et observa-tions faites par quelques-uns de nos anciens intelli-gens et sages, auxquelles recherches je joins les mien-nes propres, afin que le tout demeure ensemble en uncoin, et puisse quelque jour servir à ceux de nos après-venants qui auront la louable curiosité de prendre con-naissance de leur patrie et de l’enchaînure des causesqui l’ont amenée en l’état où nous la voyons mainte-nant; curiosité certes non assez commune chez nous,et que je recommande fort à mes fils ; car c’est chosedigne de pitié presqu’en tout pays, et surtout en ce-lui-ci , de voir tant de gens assez instruits de l’histoiregrecque et romaine, et très-ignares au regard de leurnation, et singulièrement de la contrée qu’ils ha-bitent.
Quant à nos premiers comtes connus, du moins denom, mon principal guide sera le manuscrit du cha-noine Jacques Baillods, lequel tira ses annotations etremarques du cartulaire du chapitre et du registre his-torique des chanoines, ainsi que d’un tout vieux misselqu’il croyait avoir été baillé par la royne Berlhe , alorsde la fondation de l’église de Notre-Dame au 10 e siècle.J ai déjà fait mention plus haut des dits anciens écrits.