— Or-nant, ces pauvres gens pliaient prestement bagage, etse réfugiaient au dedans des murailles, les uns dansNeubourg ou au quartier sous le cbastel, les autres auchastel même, dans les monastères ou dans le cloîtrede la collégiale -, car la ville haute ou chastel dont j’aidécrit l’enceinte en l’avant-propos, ne contenait per-sonne du peuple. Là était le logement du comte ès pri-sons d’aujourd’hui, les maisons de ceux du chapitre,le couvent des moines blancs, celui des Ursulines; ettoute la partie inférieure, depuis Bellevaux jusques àla Mala-Porta, que nous nommons encore ainsi, et delà en remontant, était occupée, voire farcie de logemensappartenant aux nobles féotiers, lesquels accouraienten ce commun asile avec les hommes royés, pour yfaire bonne défense, si danger de guerre apparaissait,ou autrement, au premier commandement du comte.En ce coin où la grand’rue et celle de l’hôpital se joi-gnent maintenant, était alors une énorme tour enface de la Mala-Porta et tour de Diesse. Or, depuis ladite Male-porte, on descendait le rocher taillé en mar-ches d’escaliers jusques au bord du lac, au lieu nomméde présent Croix du marché, alors bien plus bas quele pavé d’aujourd’hui. Là se trouvait le pontonage avecgrands et petits bateaux, pour passer à Neubourg versla grosse tour susdite, comme aussi de Neubourg auchastel ou forte et haute ville. En telle sorte, ainsi quej’en ai déjà fait mention en mon avant-propos, que lelac s’avançant autrefois jusques au fond des moulinsde présent, la rue qu’on voit là maintenant, le lit actueldu Seyon et partie de la grand’rue formaient une anseet bon port, à l’abri de tous vents, entre les deux quar-
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