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gneur, évêques ou abbés, n’étaient les derniers en ceméchant ménage, agissant la plupart non en pasteurs,mais en loups. Partant, cette première lueur de liberté,toute faible encore, que fit apparoir le sage Ulrich II,est un réjouissant spectacle pour l’homme de bien, vuqu’il aime tous les hommes, parce qu’il les regardetous comme ses frères. Ces premiers signes d’affran-chissement, font assez connaître la pesante servitudequi accablait alors les habitans de la ville, tous mortail-lables, sauf, bien entendu, les hommes royés et les gensd’église, deux classes qui jouissaient seules de la pré-rogative humaine, ainsi que je l’ai remarqué plus aulong en l’avant-propos. Or, si telle était la conditionde ceux de la ville, on peut juger de celle des habitansde la campagne, pauvres malheureux dont le sortétait bien moins propice que celui des palefrois de leurstyrans. On a peine à se persuader qu’en la majeurepartie de notre Europe , qui toutefois se disait chré-tienne, des hommes aient pu dégrader à tel point d’autreshommes, et que l’ordre naturel des choses soit restéainsi totalement bouleversé, durant tant de siècles, parla tyrannie féodale , au mépris de la confraternité évan-gélique, de la volonté du créateur et des droits de lacréature. Il n’est certes que salutaire et bien utile degarder bonne souvenance de ces choses, à celle fin demieux savourer le bonheur public et particulier de notrecondition présente, la plus privilégiée qui soit à maconnaissance.
5° Il ne finit s’étonner qu’au 12 e siècle encore, le lacs’étendît jusques au fond de la baie où sont les moulinsà cette heure, et que depuis ce temps le Seyon ait bien