— 124 —
Rodolphe est froid, et dit avoir plus besoin du comtede Habsbourg que de sa malveillance ; mais Henri,baron de Thielle et Reynaud, seigneur de Cormon-drêche, présens à ce pourparler, instent auprès de Ro-dolphe , et le pressent de bailler consentement au prélat,disant que le comte de Habsbourg leur avait assez té-moigné, alors de la guerre de Strasbourg , qu’il por-tait rude rancune contre les syres de Neuchâtel : au-quel pourparler sont présens le prévôt et quelques-unsdu chapitre. Finalement le comte Rodolphe cède auxinstances de son oncle, lequel mignonne aussi les bour-geois, les sollicitant de lui octroyer leur bandière, enmême temps qu’il leur promet cent marcs d’argent,en dédommagement de l’incendie causé par l’évêqueLuthold, son prédécesseur. Bref, tant et si bien sut ledit évêque Henri cajoler, voire ensorceler toutlemonde,que les secours d’hommes par lui demandés, lui furentbaillés de toute part. En cette guerre, Rodolphe deHabsbourg est mal mené, et l’évêque Henri, hors dedétresse, oublie tout ce qu’il a promis.
(126g*). Par vindication des secours fournis à l’é-vêque de Bâle, Rodolphe de Habsbourg survient àl’improviste, et veut surprendre le château de Thielle.Il est repoussé par Henri de Neuchâtel baron du lieu;celui-ci grièvement blessé en cette attaque, meurt tôtaprès, et sa baronnie retourne au domaine du comte.
Le comte de Habsbourg ayant manqué son coup surThielle, il passe la rivière proche l’abbaye de St. - Jean,tâtonne Neureux, et ne voyan t jour à la surprendre, s’envient du même pas mettre le siège devant Neuchâtel . Les
(*) Baillods et Hory.