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de Cerlier . Elle se réserve aussi le titre de comtesse deCerlier , et de plus la propriété d’un vaste terrain dansle grand marais à l’usage des bourgeois de Neuchâtel .
(*) Malgré les fréquentes exhortations qu’Isabelleavait adressées à Marguerite, sa belle-mère, cette femmeviolente et hautaine, non contente de tyranniser sessujets de Boudry , se permet d’exercer de vrais brigan-da ges sur les personnes et biens de plusieurs sujetsde la princesse. Celle-ci fait dire à sa belle-mère qu’ellel’avertit pour la dernière fois de se contenir, résolue,si elle fait faute, de mettre la main sur son fief. Mar-guerite, furieuse pour cette menace, se prépare à ré-sister, au même temps que Jacques de Vergy son mariva chercher en Bourgogne des gens d’armes, aveclesquels il munit la ville et le château de Boudry . Celafait, Marguerite recommence son méchant train, etrançonne deux bourgeois de Neuchâtel passant parBoudry . Isabelle apprenant ces choses, se détermine àtenir parole et fait armer. Toute la jeunesse de Neu châtel demande à marcher, voire plusieurs conseillersde la ville. Marguerite voyant le fort, se sauve enBourgogne ; Jacques de Yergy fait vigoureuse défense,*finalement et après sang versé des deux parts, la villede Boudry , puis le château sont emportés par escaladeet autres engins. Vergy obtient vie et bague sauve àcondition de reconduire tout sur le champ le reste deses braves en Bourgogne , et d’y rester avec sa Mar-guerite. Ainsi fut réunie au domaine la châtelainie deBoudry .
(1378 **). Isabelle remet à Guillaume d’Estavayer J
(*) Chron. des Chanoines, Baillods. (**) Archives, traité des fiefs.