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noblesse dont la Suisse était remplie, si par grandesagesse ils n’avaient tout d’abord i 0 ménagé les confé-dérés en se montrant leurs partisans bien plutôt queleurs adversaires, 2 ° étendu sur leurs peuples la libertéhelvétique par concessions successives, en telle ma-nière que par cette habile conduite ils furent commeadoptés dans la grande famille des confédérés, et quele prince de Neuchâtel est le seul grand seigneur sé-culier qui subsiste en Helvétie, chose que j’ai déjà dite,ce me semble, mais certes toute bonne à redire encore.Tant est vraie la maxime du sage Platon , que l’hommeen société n’a la faculté de penser et de sentir, qu’iln’est véritablement homme qu’au sein de la liberté.Et sans cette liberté, que seraient aujourd’hui noscontrées, où la nature n’offre qu’une légère couche deterre sur le roc et la pierraille, tandis qu’à l’aide de laliberté et de sa fille, l’industrie, on les voit prospèreset florissantes.
Malheureusement notre syre Conrard avait reçutoute autre leçon chez les Germains. De là un règneorageux, de là querelles et débats qu’il aurait évités s’ileût observé les excellentes règles de conduite contenuesen la disposition dernière d’Isabelle : instruction certesqui pourrait servir de bréviaire à tous princes et sei-gneurs, voire aux plus grands : laquelle instruc-tion méritera d’être rapportée en son entier par celuiqui prendra peine un jour à mettre en vrai récit his-torique les annales de ce pays, dont je ne fais iciqu’indiquer les principaux faits, me bornant à mettrel’étiquette aux tiroirs. Mon mémoire de 1668 fourniradiverses pièces justificatives.