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proposa ses griefs, aussi au nombre de i5, sur la plu-part desquels les bourgeois obtinrent gain de cause,et certes un peu largement, me semble-t-il; car, pourdire ici toute ma pensée, était-il tant bien, par exemple,que ceux de Legnaure, sujets du prince, fussent intrussans sa participation en la bourgeoisie de Neuchâtel ?Il n’est besoin de lunettes pour voir qu’en amplifiantde la sorte le nombre des bourgeois de Neuchâtel ,c’était du meme coup amplifier le nombre des braspromis aux Bernois par le traité tout fraîchementconclu. 13’autre part, on ne peut dénier que le comteConrard, en son humeur hautaine, voulant régenter àNeuchâtel en Suisse ainsi et comme à Fribourg en Ger-manie, enfreignit en plus d’un cas les franchises dela ville. Ce ne fut pas sans raison, par exemple, quela ville se plaignit que Conrard avait fait saisir desbourgeois sans forme de justice. Aussi Berne sentençaque tel fait était contraire aux franchises, et qu’en pa-reille rencontre le comte ne pouvait procéder que parjugemens. Il fut de même sentencé que le comte nises officiers ne pouvaient aucunement gager des bour-geois sans figure de justice, et que diverses saisies parlui ordonnées étaient nulles, et injonction à lui de lesrestituer : que le comte est soumis lui-même à la formedes jugemens, et que tout bourgeois a droit de l’ac-tionner par justice. Et, comme les juifs peuplaientalors un quartier de la ville, et, grandement favoriséspar Conrard, exerçaient l’usure à volonté, Berne pro-nonça que les Juifs porteraient désormais une marquedistinctive en leurs habits, et ne pourraient prêter qu’àun intérêt égal et réglé pour la ville et la campagne. Au