— 24o —
regard des autres articles, on peut consulter la pronon-ciation. Berne garda le silence sur un seul point, c’étaitune porte avec pont-levis que le comte avait pratiquéepar le donjon, et dont la ville demandait l’abolition,disant qu’il ne servait en rien que la garde de la citéfût commise aux bourgeois pour la sûreté de ses fran-chises, si le comte conservait une entrée à lui seul parlaquelle il pourrait introduire, à l’insu des bourgeois,tels gens de guerre, à son gré, pour les molester.
(*) Vauthier, baron de Iiochefort, homme fier etentreprenant, voulant se venger de Conrard qu’il dé-teste pour certains durs traitemens, s’avise mécham-ment de fabriquer un faux acte daté du 2 mai 1062,par lequel on suppose que le comte Louis avait oc-troyé un tel degré d’indépendance à la ville et au cha-pitre de Notre-Dame de Neuchâtel , qu’ils pouvaient,lorsqu’on baillerait atteinte à leurs droits et franchises,se soustraire à l’autorité du comte de Neuchâtel et seranger sous la directe immédiate du comte de Cliâlons.
Le dessein de Vauthier est d’amener un soulève-ment, vu la disposition des.esprits et les plaintes contreConrard. Le baron imposteur communique avec mys-tère l’acte prétendu aux principaux de la ville, leurdisant que ce titre, découvert par fortune dans les pa-piers du bon comte Louis, avait été tenu caché parIsabelle et Conrard. Ce discours mensonger reçoit ac-cueil, vu réchauffement des esprits, qui ne fait ques’accroître par les menées sourdes du comte de Châ-ions, et il en résulte un pacte follement scandaleux,assez et trop connu, daté du i3 août i/ ( o6, par lequel
(*) Bailiods.