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Voici comment Vauthier raconte l’histoire de ses démêlésdans sa requête au parlement de Dole . Après avoir établila légitimité de ses droits, il convient qu’en i3g6, après lamort de la comtesse Isabelle, Conrard lui avait restitué lesseigneuries de Rochefort et des Verrières ; mais il ajouteque défiant, et craignant sans doute quelque arrière-pen-sée de sa part, il avait cherché à se procurer une sauve-garde de la cour de Bourgogne , sauve-garde annoncée parle pennon (*) du duc, qu’il avait osé faire arborer par unsergent de Bourgogne , sur les murs du château de Roche-fort aussi bien qu’aux Verrières.
Le sergent part du château de Rochefort pour se rendreà celui de Neuchâtel , et pour y signifier au comte la sauve-garde de Vauthier. Mais il l’aperçoit de loin sur la granderoute, courant ejfraement et à toute bride, accompagné deplusieurs gentils hommes et avec grande puissance de gensd'armes. Craignant sa fureur, le sergent fuit et se cache.Le comte arrive au château de Rochefort ( 2 ), et s’en em-pare après avoir enfoncé les portes ; il foule aux pieds lespennons armoriés du duc de Bourgogne , trouve enfin Vau-thier, le fait saisir et frapper de coups avec deux de ses va-lets, quoiqu’il criât à toute force qu’il était, lui et ses gensen la garde de monseigneur de Bourgogne ; on l’enchaîneavec ses valets et on le jette dans un cul de basse fosse, aufond de la tour de la maréchaussée de Neuchâtel ; mais ileut le bonheur de s’échapper après six semaines de capti-vité, au moment où il allait peut-être périr sur l’échafaud.
Cependant le sergent se hazarde à approcher de Neu châtel le lendemain de cette expédition. Il se rend au châ-teau , et en demande l’entrée au portier pour y signifier sonexploit : le portier lui défend de passer. Messire Vauthierée Colombier et Nicolas de Grandson, maire de Neuchâtel ,
(*) Pennon, sorte de banderole chargée d’armoiries.
C) 1402.