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Tome second.
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Soit quelle ne pût résister à lappareil du tribunal con-voqué par un suzerain quelle regardait comme implacable,soit quelle connût la force des preuves qui déposaient contreelle, elle shumilia, avoua, « et se soumit à la merci de» Dieu et de monseigneur. »

Voilà le premier fait qui annonce les dangereux talensde Vauthier, et son adresse à contrefaire dancienneschartes. Il est vrai quon ne connut point alors lauteur decet acte faux, qui servit à la condamnation de sa sœur, parcequelle déclara lignorer; mais on verra quil était le faus-saire, alors inconnu.

Si le comte fit grâce de la vie à Marguerite, elle fut ren-fermée dans les prisons de Neuchâtel ; et si elle recouvra saliberté quelques années après, elle ne le dut quà desmoyens qui laidèrent à pourvoir par la fuite à sa sûreté.Vauthier navait pas attendu ce moment pour se montrerlennemi acharné du comte Conrard : il avait jeté le four-reau , et la guerre était déclarée, comptant sans doute surquelques protecteurs puissans à la cour de Bourgogne . Ilse flattait davoir part aux bontés de Jean de Châlons, princedOrange, et du comte de Montbéliard qui était en procèsavec Conrard. Mais ces faibles espérances nétaient que leproduit de son ressentiment.

Etroitement uni à la puissante maison de Vergy, le comtetrouvait chez elle des gens tout prêts à intercéder auprèsduduc de Bourgogne , lorsquil se compromettaitpar quelquetentative téméraire ou injuste. Entouré de cliens ou dagenshabiles, il était puissant par lui-même. Il avait juré la mortde Vauthier, et les nombreuses difficultés que lui suscitè-rent ses voisins, ses vassaux et ses sujets, ne lui firent ja-mais perdre de vue ce vassal révolté qui pouvait, maigresa faiblesse, devenir dangereux par lasile quil avait trouvedans les états du duc de Bourgogne .