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s’il n’était point excité par des instigateurs plus puissansque lui, dont il n’était que le fragile instrument ( 1 ).
On ne sait trop ce que devint sa malheureuse veuve. Latradition assure quelle se retira en Guyenne avec ses deuxfils, qui y fondèrent une maison connue sous le nom deRochefort. Elle ajoute que cette veuve montra un jour à sesfils la chemise ensanglantée de leur père pour les exciter àla vengeance, et qu’on les soupçonnaait d’avoir mis le feuà la ville de Neuchâtel en i/jôo, époque où l’on sait quellefut presque totalement réduite en cendres.
On dit encore qu’une fille de Vauthier épousa Claude deMenthon, qu’on fait bailli du pays de Vaud , et qui se qua-lifiait de seigneur de Rochefort et de co-seigneur d’Aubonne .D’un autre côté des titres positifs démentent cette tradition.D’après une lettre originale du comte Jean, Vauthier n’au -rait laissé qu’un fils nommé Louis, mort quelques annéesaprès le supplice de son père, et une fille, religieuse deson métier, qui vivait encore en 1437.
Dès que Vauthier n’eut plus la puissance, des plaintess’élevèrent de toutes parts contre son château de Rochefortqui était devenu un lieu de brigandage. Le caractère connude Vauthier ne permet guères de douter de la vérité de cesaccusations. On prétend qu’au moyen de signaux corres-pondant entre le château de Rochefort, le Chàtelard prèsde Bevaix et le château de Roussillon au-dessus de Buttes,on se prévenait réciproquement d’un lieu à l’autre que desvoyageurs devaient passer, et que s’ils échappaient à l’unde ces postes, ils ne manquaient pas de tomber dans les
( l ) On pourrait joindre à cette notice l’extrait d’une chronique alle-mande copiée en 1512 par l’advoyer Pierre Faucon de Fribourg , la-quelle se trouve presque verbalement dans la chronique du chancelierJustinger, écrite vers 1420. Voyez le Schweizerischer-Geschichlfor-scher, premier volume. Berne 1813.