— 294 —
» tion de ces chartes, parce qu’ils trouvaient qu’ elles n’é-» taient pas bonnes, et ne leur challait pas d’être à la dite» journée. »
Enfin, le prince d’Orange dit au chancelier de Bour-gogne qu’il ne s’opposait point à la cancellation de ces fauxactes.
On eut cependant encore une espèce de condescendancepour Vauthier, et ce ne fut qu’après l’avoir cité à compa-raître plusieurs fois, que le tribunal prononça enfin, surl’examen de ces chartes, qu’elles devaient être regardéescomme fausses, biffées, cancellées et rendues au comte,lequel ne quittait plus l’audience.
On ignore comment le comte vint à bout de se saisir dubâtard de Neuchâtel ; mais voici les détails que contient sursa mort un acte récemment découvert. Yauthier fut arrêté,amené à Neuchâtel , et le samedi 19 février 14 13 •> veille desBrandons, il eut la tête tranchée sous un grand mûrier quiombrageait alors le bord du lac. Cet arbre fut renversé parun orage en i663, et sur cette place arrosée du sang d’unfaussaire, un magistrat distingué, le chancelier de Mont-mollin construisit en 1686 la maison qui appartient encoreà sa famille.
On sait que le chanoine Leschet, son complice, fut noyéjuridiquement, parce que l’église abhorre le sang.
Le bâtard de Neuchâtel se rendit ainsi célèbre par cesmalheureuses querelles, et sa basse cupidité fut peut-être1 une des causes de sa haine invétérée contre le comte deFribourg. Entraîné par de violentes passions, il s’avilit pardes actes de faux, et força enfin ses protecteurs à l’aban-donner. Il avait cependant de grands exemples qui auraientdu 1 instruire ; mais il est difficile aujourd’hui de découvrirles ressorts qui contribuèrent à le conduire à sa perte, et